Un lieu chargé d'histoires...
Après la construction de la nouvelle école de garçons, ce bâtiment fut alors mis en vente et il appartint aux consorts Louis Dubar et Marie-Catherine Dernoncourt qui s’y installèrent cabaretiers sous l’enseigne «Au gai cuirassier». Cette affirmation, avec un petit doute de ma part, car le déchiffrage de l’enseigne m’a posé de gros problèmes de lecture… ! L’année suivante, en 1888, un document notarié nous révèle qu’Alphonse Deffontaines, cultivateur à la Courte, y installe en façade, une bascule publique qu’il donne en location, par bail stipulé jusqu’en 1909, pour 25 francs l’an, au tenancier Louis Dubar ; les appareils de pesage se trouvant dans l’écurie, dont on voit la porte sur la photo, surmontée de l’inscription «Bascule». Les époux Jean Dutilleul-Houzé firent par la suite, l’acquisition du cabaret. Ils le transformèrent en boulangerie, tout en restant débit de boissons. Son appellation de l’Allumette fut plus tardive, car vers 1910, le café portant cette enseigne se trouvait à la montée de l’église, tenu par Louis Martin-Cat où, est-il rapporté, furent vendues les premières allumettes de la région. Les enfants et petits-enfants des époux Dutilleul, s’y succédèrent jusqu’au départ de Jeannot Wyts. On y servait surtout de la bière au début du siècle dernier, bière que l’on buvait en pintes ou en canons qui devinrent des chopes, puis des demis et maintenant simplement une Leffe, une Jupi ou autre bière de marque déterminée… On y jouait beaucoup aux cartes et il n’était pas rare d’y voir quatre à cinq tapis le dimanche midi et bien entendu, on y fumait abondamment. Ce café bien placé sur une route de grand passage a toujours été un lieu de rencontre réputé pour sa grande convivialité. Avec l’épicerie de Georges Descamps, il est le dernier duo des commerces de notre village, qui en comptait près de quarante avec les artisans en 1910. Ils sont en 2008, les ultimes points de rencontres entre les Bouvinois. Sachons en prendre conscience…
Extrait du livre «Histoire d’un petit Bouvinois» de Monsieur Jean Lemahieu, avec l’aimable autorisation de Madame Guillon


